Le maire, cet ovni démocratique
Le maire français est un ovni démocratique. Hybride entre exécutif local et agent de l’État. Il cumule différentes casquettes :
- Exécutant des décisions du conseil municipal
- Officier d’état civil
- Officier de police judiciaire (il peut vous dresser un PV via sa police municipale)
Depuis les lois Defferre de 1982, il n’a plus besoin de l’approbation du préfet pour prendre des décisions. Mais paradoxe malgré son pouvoir parfois arbitraire : le maire est souvent la personnalité politique préférée des Français. Sûrement parce qu’il est discret médiatiquement et cultive une relation de proximité. Essayez de sonner chez un ministre pour lui parler du nid-de-poule devant chez vous.
PLU, le vrai programme politique du maire
Vous avez probablement entendu parler du plan local d’urbanisme mais sans jamais l’avoir consulté. Normal, c’est technique, long et ennuyeux. Mais c’est le vrai programme politique du maire (plus que la cantine ou les crèches). C’est lui qui décide :
- Où on construit (et où on ne construit pas)
- Ce que l’on construit (résidentiel, usines, bureaux, logement social…)
- À quelle densité (rareté du foncier)
- De quelle couleur, tant qu’à faire
Envie de gentrifier un quartier populaire ? Un coup de crayon sur le PLU. Besoin de respecter les quotas de logements sociaux ? Même outil. Le maire a ce pouvoir de transformer nos lieux de vie et leur valeur foncière.
Le roi des marchés publics
Le maire est aussi le premier investisseur public. Grâce à la dotation globale de fonctionnement, il dispose d’un budget autonome pour lancer des chantiers, passer des appels d’offres, faire vivre le tissu économique local. BTP, espaces verts, équipements sportifs : c’est lui qui est à la manœuvre dans la plupart des grands projets public-privé qui ont un impact sur la valeur d’un quartier ou sur son image.
L’exemple des Hauts-de-Seine
Prenez les Hauts-de-Seine. Dans les années 1970-80, territoire communiste et ouvrier avec les grandes usines de Renault à Boulogne-Billancourt (30 000 ouvriers sur l’île Seguin qui était un bastion historique de la CGT), Citroën à Levallois-Perret (où est né la célèbre 2CV). Puis la droite et le RPR ont compris le pouvoir des échelons municipaux et départementaux avec les lois de décentralisation dans les années 1980.
Leur recette ?
- Attirer des entreprises via la requalification et les grands projets (La Défense en est le symbole)
- Récupérer des taxes professionnelles astronomiques
- Réinvestir dans l’embellissement et la sécurité
- Raréfier le foncier pour en faire grimper la valeur
Ce petit département ouvrier et communiste s’est transformé en pôle financer mondial devenu le laboratoire politique du RPR. Charles Pasqua à Levallois, Nicolas Sarkozy à Neuilly. Puis en marchepied vers l’Elysée ou vers les fonctions régaliennes.
N’oublions pas le rôle des élus locaux sur le foncier
Leur rôle relativement discret façonne le marché immobilier autant que les dynamiques financières et la législation. Alors peut-être, que cette prochaine élection municipale 2026 mérite qu’on s’y intéresse autant qu’à la dernière altercation sur une chaîne d’info en continu.
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