Une soirée de continuité politique
La soirée avait une tonalité particulière. Dans les premières heures qui ont suivi sa victoire, Grégoire a appris le décès de Lionel Jospin. L’ancien Premier ministre avait 87 ans. Pour un socialiste de sa génération, c’était sûrement un choc. Grégoire a pris le temps, dans son discours de victoire, de saluer ce qu’il a appelé une « figure tutélaire pour plusieurs générations ». Une façon aussi, sans doute, de rappeler que la gauche qu’il incarne a une histoire longue.
Bertrand Delanoë, qui fut maire de Paris de 2001 à 2014, était là. L’homme qui a lancé Paris-Plages, Vélib’, les voies sur berges. L’homme qui a, d’une certaine façon, commencé à transformer la place de la voiture dans la capitale, a célébré la victoire avec émotion. Il y avait dans cette soirée quelque chose qui ressemblait à un passage de témoin.
Le trajet à vélo, une image bien préparée
C’est là que l’image est arrivée. Plutôt que de monter dans une voiture officielle pour les quelques kilomètres qui séparent la Rotonde de Stalingrad de l’Hôtel de Ville, Grégoire a enfourché son vélo. La distance n’est pas négligeable des quais du canal Saint-Martin en passant par une partie du Marais. C’est une décision qui a été remarquée, et qui ne doit probablement rien au hasard : Grégoire, qui a été adjoint à l’urbanisme sous Hidalgo, connaît mieux que quiconque la grammaire symbolique de ces gestes.
Ce qui frappe, c’est que l’image n’avait rien d’incongru. Paris est devenue, en dix ans, une ville où ce genre de trajet est parfaitement ordinaire pour une large partie de la population. Les pistes cyclables du mandat Hidalgo, largement vilipendées, ont fini par s’imposer dans le paysage. Le Vélib’, les vélos cargo qui livrent les restaurants, les étudiants avec leur antivol en bandoulière : le vélo est entré dans la vie quotidienne parisienne.
Une ville qui roule, et des habitants qui s’adaptent
Cette transformation ne concerne pas que la voirie. Elle a changé des comportements, des habitudes… jusqu’à la façon de chercher un appartement. Les jeunes actifs et les étudiants qui pédalent tous les matins ne pensent plus seulement au métro le plus proche quand ils cherchent un logement. Ils pensent aussi à l’endroit où ils vont mettre leur vélo. Trop risqué de le laisser dans la rue attaché à un poteau. Les locataires veulent désormais savoir s’il est possible de laisser leur bolide dans la cour ou éventuellement dans un ancien local de gardien. C’est un critère qui s’est glissé progressivement dans les annonces et dans les conversations avec les propriétaires.
Avec Grégoire à l’Hôtel de Ville, lui qui a porté le PLU bioclimatique et qui a fait de la mobilité douce un fil rouge de sa campagne, il y a peu de raisons de penser que cette tendance va s’inverser. Pour les habitants qui ont fait ce choix depuis longtemps, c’est une confirmation.
Quant à Grégoire, il devra maintenant composer avec une ville dont il connaît toutes les contradictions. Il a promis de faire du logement sa priorité. Il hérite d’une mairie qui doit gérer la raréfaction de l’offre, la pression touristique ou la hausse du foncier.
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